Un client… c’est quoi ?

Le dictionnaire nous apprend qu’un client est un organisme ou une personne recevant un produit ou un service contre de l’argent. Découvrons ensemble ce qu’est véritablement un client…

Attention, les lignes qui suivent vont casser vos vieux rêves !

Chaque fois qu’une personne me dit sur un coup de tête « j’en ai marre d’être employé par un patron exigeant, pénible et sans sympathie. Je lance mon entreprise ! » ma seule réponse est le silence mais intérieurement, cela ressemble à un long ricanement. Pourquoi un ricanement alors que je devrais au contraire féliciter et encourager le candidat à l’autonomie ?

L’autonomie ne s’acquiert jamais sur un coup de tête et l’indépendant confirmé le sait. Mais revenons à nos moutons : Une entreprise, pour vivre, à besoin d’un produit ou d’un service à vendre et des clients.

Imaginons que l’entreprise JeFabriqueDesPneus emploie 25 personnes et son activité, on le devine, c’est la fabrication de pneus. Dans le lot, sans être exhaustif, il y aura certainement une secrétaire, un comptable, un magasinier, des ouvriers de production, des agents d’entretien, des vendeurs et un acheteur. Lorsque vous demanderez aux salariés de cette entreprise qui est leur patron, vous aurez pour seule réponse le nom du PDG ou de l’administrateur général.

Et vous, dans l’histoire, vous êtes indépendant. Vous aussi, vous vendez des pneus. Mais au lieu de les fabriquer, vous les achetez et vous les montez sur les voitures de vos clients. Vous résistez tant bien que mal à la pression des grandes chaînes du genre Speedy, qui est au garagiste ce que McDonald’s est au restaurateur.

Vous faites de la pub, participez à des activités associative, montrez votre tête partout ou il y a du monde, votre propre voiture est recouverte d’autocollants… Et vous êtes patron de votre propre entreprise depuis deux ans, elle fonctionne assez bien et vous permet de vivre correctement. Au dessus de vous, personne ! Erreur.

Lundi matin, après un dimanche ensoleillé en famille, vous vous retrouvez à votre atelier. Les stocks sont plein, aucun retard sur le planning de la semaine dernière et vous attendez le prochain client qui vous permettra de commencer la semaine. Il arrive enfin, après une rencontre avec un vieux clou qui traînait dans la rue.

Vous lui changez son pneu, votre client paie la facture sur le champ et s’en va, content. Quelques jours plus tard, un homme en costard cravate se présente et c’est tout à fait officiellement qu’il vous transmet une facture dont la vue du montant final vous plonge dans le coma dans la seconde qui suit !

En fait, trois jours après l’échange du pneu, le jeudi donc, lors d’un trajet sur l’autoroute reliant la ville à l’aéroport le plus proche, la roue avant droite de la voiture s’est détachée et instantanément le conducteur a perdu la maîtrise de son véhicule. Imaginez ce que cela donne à 120km/h :

Heureusement sans blessé grave, l’accident a détruit un véhicule, la camionnette qui vous suivait a perdu son chargement de porcelaines de Chine après un freinage d’urgence et l’autoroute a été fermée 4 heures, le temps de nettoyer les 200 mètres de bitume rendu impraticable par les débris de porcelaines.

L’expert en assurances de votre client a déterminé que l’accident a été provoqué par une roue dont 4 des 5 boulons n’ont pas été serrés correctement. Il se retourne contre vous car vous êtes responsable de votre travail. Bien entendu, vous avez une assurance en responsabilité civile qui couvre ce genre de chose et l’expert vous le rappelle immédiatement.

Ce n’est pas tant l’aspect financier qui pose problème ici, mais bien la publicité désagréable qu’un tel événement provoquera immédiatement. Votre client racontera sa mésaventure à qui voudra l’entendre, et ce sera autant de clients potentiels de perdu qui partiront à la concurrence.

Dans pareil cas, si vous êtes patron d’entreprise et que vous avez des employés sous vos ordres, le comportement logique sera le licenciement immédiat pour faute grave du collaborateur concerné. La bonne santé financière de votre entreprise vous permettra de supporter la mauvaise publicité induite et repartira de plus belle, lorsque l’affaire se sera étouffée d’elle même avec le temps qui passe.

Mais si vous travaillez seul, qui punira votre erreur ? Les clients, qui brilleront par leur absence. Faillite assurée dans un avenir très proche…

Moralité de cette histoire, dont j’espère qu’elle ne reste qu’une pure et simple invention de ma part :

Mon client, c'est mon patron