Buzz divers et variés

Le soir, Chez Rico, c’est tripes à Gogo !
Il est prudent de réserver. Téléphonez-nous au 09 08 07 06 05, nous nous ferons un plaisir de vous accueillir !

Encore aujourd’hui, ce genre d’annonce est publiée dans la presse locale. Elle s’adresse à un public d’habitué, qui sait ou aller pour manger ses tripes favorites ! Par contre, si l’on souhaite passer un message à ceux qui ne connaissent pas ce plat mythique et par là-même les inviter à passer une bonne soirée, c’est râté.

Déjà, son contenu est ridicule à l’extrême. Ce n’est pas le diminutif du patron qui est en cause, mais la tournure de l’annonce. La première ligne propose de passer du bon temps avec un langage pseudo-chouette, et patatra, à la deuxième, c’est le texte militaire, préformaté et avec la formule-qui-va-bien pour terminer… On casse l’effet –très relatif- de la première phrase…

Aujourd’hui, pour présenter un produit, un service ou votre entreprise, il faut des idées.

Des techniques marketing, il en existe autant que d’agences de pub. Autant dire des milliers. Et dans les choix possible, soit ça marche, soit c’est la catastrophe.

L’exemple marquant d’une pub qui m’étonne encore quand je la vois à la télévision, c’est celle d’une marque de brosse à dent, ou une équipe de choc en blouse blanche visionne sur grand écran une bouche modélisée sur informatique et montrant les caries et autres saletés tenaces qui ne partent pas à l’aide d’une brosse à dent standard. Feignant le dégoût, les « scientifiques » présentent ensuite avec des moyens digne d’Hollywood la technique révolutionnaire qui permettra de débarrasser ses incisives des restes des tripes à Rico.

Je serais bien curieux de voir les résultats en terme de chiffre d’affaire d’une campagne comme celle-ci ! En commençant par montrer des déchets, buccaux et visible qui plus est, vous inscrivez en premier lieu un sentiment de honte dans la tête de votre public, à l’idée de montrer ses dents effectivement mal nettoyée. Ensuite seulement, vous leurs présentez la solution évidente. C’est trop tard, chacun aura imprimé dans son cerveau le sentiment de honte qui aura pris le dessus sur le message principal, perdant son effet.

Pour faire une bonne pub, il n’y a pas trente-six solutions. Il faut innover.

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Je retiens une technique, le Buzz Marketing, utilisable partout. TV, presse, dans la rue, sur internet, elle existe depuis que les nouvelles technologies sont présentes, c’est à dire ou une diffusion de masse est possible à moindre coût. Internet est un fabuleux moyen pour ce genre de pub.

C’est une forme de publicité sauvage, dont un exemple ne peut être réitéré que longtemps après. Le principe, simple, fait que le consommateur est en lui-même le moyen de diffusion du message. Il faut un message percutant, inhabituel et dont le contenu est facile à mémoriser.

Pour exemple, pensons à Marly-Gomont. Ce petit village de la Picardie est perdu au milieu de la France. Personne n’en avait entendu parlé jusqu’à ce que Kamini, un jeune rappeur absolument inconnu, décide de tourner un clip humoristique avec les moyens du bord, pour ensuite le diffuser sur internet. La foule à fait le reste, se passant l’adresse de la page internet où est diffusé le clip. Depuis, Kamini a signé un CD single et il semble qu’un album soit en préparation. Bilan de l’opération ? Au départ, pas un sou d’investissement en dehors de la caméra, et à l’arrivée quelques mois plus tard, c’est le Jackpot.

On retrouve cet exemple avec un parti politique, qui, avec des moyens dérisoire, à décidé de se faire connaître en taguant « Votez liste 12 » en noir sur les bandes jaunes des passages piétons de la ville de Genève. Cet exemple n’est pas le bon, car la facture de nettoyage sera salée, mais l’effet est là : La presse a couvert le sujet et le nom du parti politique en question a été mentionné dans l’article.

En plus, Genève s’est offert un mini-scandale de plus avec cette histoire. La même technique avait été utilisée voici quelques années par le même parti et dans l’anonymat le plus absolu. Bien sur, les services de la ville de l’époque avaient eu vent de la chose, mais le responsable n’avait pas été inquiété. Curieusement, on se souvient maintenant que le responsable de l’entretien des routes de la ville était mystérieusement du même bord politique que les taggueurs de bandes jaunes !

Je souhaite vous présenter un dernier exemple, praticable à notre niveau, ne demandant pas une réflexion intense pour sa réalisation. Pour ce faire, je vais parler d’une entreprise en création, fictive, située en Suisse à Cuarny. Elle n’est le fait que d’un seul homme, qui souhaite vendre des tours à bois. Cet objet sert à fabriquer tout un tas de pièces en bois, de la bougie au presse papier, en passant par le vase qui accueillera les faux fruits sur la cheminée du salon.

Pour vendre des tours à bois, il faut déjà que le client potentiel sache à quoi sert la machine. Dans une ville, vous trouverez plus souvent un ordinateur dans chaque maison qu’un atelier de menuiserie. Pour motiver le client lambda, il faut le faire saliver, en offrant par exemple une journée de cours ou il est possible de fabriquer soi-même et gratuitement le bel objet dont on rêve depuis des années. Ensuite, le bouche à oreille fera le reste et le patron commencera à vendre son matériel ! Il existe des milliers d’idées de ce type pour chaque activités et la solution n’est jamais loin…

En résumé, utilisez votre cerveau ! Mais ne pensez jamais par imaginer quel chiffre d’affaire vous ferez le même jour ou vous commencerez votre Buzz… Le résultat sera très proche du zéro.