Le Gyrobus

Révolutionnaire, ce moyen de transport l'était en raison de son mode de traction à l'électricité, mais sans batterie ni ligne de contact aérienne. On devine rapidement les qualités d'un tel bus: Pas de pollution, un fonctionnement silencieux et fiable. Ce que l'on devine moins bien rapidement en revanche, c'est comment un tel véhicule pouvait fonctionner sans batterie ni moteur thermique. En fait, le principe est simple et avait été mis au point en 1909 déjà par Auguste Scherl, originaire de Berlin.

Le bus lui même était conçu sur la même base que n'importe quel autre véhicule de transport public de l'époque: A la différence que le véhicule ne comportait pas un moteur thermique, mais un disque en acier de 1500 kg et de 1.6 mètre de diamètre, placé horizontalement sous le véhicule.

A chaque station, une sorte d'antenne à trois branches prenait le courant électrique directement du réseau de la ville pour actionner un moteur électrique: Ce moteur entraînait le disque d'acier jusqu'à la vitesse maximale de 3000 tours minutes. Une fois cette vitesse atteinte et les "antennes" rétractées, le Gyrobus pouvait redémarrer. Pour avancer, le moteur servant à la charge du disque était actionné en dynamo pour alimenter le moteur électrique de traction.

En 1944, une société du nom d'Oerlikon construisit un tracteur ferroviaire actionné par un électro-gyro. L'expérience fut positive, et en 1950, on réalisa un premier véhicule routier qui fut mis en service à Altdorf. Il fut présenté à la Foire d'échantillons de Bâle, où la ville d'Yverdon s'intéressa à ce nouveau moyen de transport. Un prototype circula en démonstration à Yverdon du 24 novembre au 5 décembre 1950. Les essais furent convaincants et on passa commande de 2 véhicules. Ces derniers avaient une capacité de 70 places (35 assises et 35 debout).

Le 11 octobre 1953, l'exploitation démarra entre les Tuileries et les Condémines, via Bel-Air. Le service assurait 50 courses par jour, et le tarif pour le trajet complet était de 80 centimes. L'entretien des véhicules était confié à la Compagnie Yverdon - Ste-Croix.

Durant le premier exercice, les gyrobus ont parcouru 114’000 km., ont transporté 351’000 voyageurs et l’excédent des charges fut de 22’000 fr., soit moins de 2 fr. par habitant, car, à l’époque, Yverdon comptait 12’500 habitants. La consommation de courant électrique était de 346000 kWh., ce qui représentait une dépense de 24’000 fr., soit 0 fr.20 environ par kilomètre. Le coût total d’exploitation (chauffeurs, amortissement, entretien, etc.) atteignait 1 fr. par kilomètre.

Leur vitesse maximum était de 55 km/h, pour un poids en charge d'env. 14 t.; la puissance nominale du moteur de traction était de 100 CV et l'effort de traction maximum à la jante de 2’500 kg. Le trajet initial reliait les Tuileries de Grandson aux Condémines en passant par la Place Bel-Air soit env. 6 km. effectués en 20 min. arrêts compris.

50 courses journalières étaient prévues entre 6h 15 et 23h 45. Le tarif d'un arrêt à l'autre était de 20 centimes et de 80 centimes pour le parcours complet.

Simultanément, l'accélération du développement du parc automobile et aussi le goût retrouvé pour la bicyclette, reine de cette ville en grande partie plate, ne contribuèrent pas à la réussite du projet. Les perspectives financières optimistes envisagées se transformèrent alors en déficit persistant et la municipalité demanda aux citoyens de se prononcer sur l'avenir des Gyrobus.

La situation financière de la Société se détériora rapidement, car les frais d'entretien étaient élevés. A remarquer que la Société ne disposait d'aucun garage adéquat pour garantir la maintenance correcte de véhicules fort complexes. Certaines voix s'élevèrent contre les coûts des gyrobus, et le maintien d'un transport public à Yverdon fit l'objet d'une votation populaire les 24 et 25 octobre 1959. Les citoyens se prononcèrent pour le maintien des transports publics, et il fut décidé de remplacer les gyrobus par des bus de marque Saurer, le 1er novembre 1960. L'exploitation des gyrobus a donc duré 7 ans.

En sept ans d’exploitation, les deux gyrobus à disposition ont parcouru 712’000 km., soit environ 340’000 km. pour chacun des véhicules de la ville; le solde a été fourni par le prototype Oerlikon, qui assurait les remplacements. Ensemble et durant la même période ils transportèrent 1'953’000 voyageurs. Les Gyrobus d'Yverdon, premiers au monde, ne trouvèrent pas d'acquéreur et furent démolis.

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