La TSF et le Titanic

Le premier navire marchand a être équipé de la TSF est, selon toutes vraisemblances, le transatlantique Kaiser Wilhelm der Grosse, en 1900. En 1903, environ 50 vaisseaux sont équipés d’une radio et vers 1908, ce nombre approche les 150.

5 ans plus tard, la TSF à bord des navires reste encore un investissement jugé non indispensable. Parmi les 23’000 navires enregistrés et en service en 1912, seulement 1500 sont équipés d’une TSF et naviguent sur les lignes de l'Atlantique Nord.

Pourtant, quelques années avant la disparition du Titanic, un autre évènement démontrera la nécessité d’avoir un moyen de communication efficace à bord de chaque navire. La TSF permettra le premier sauvetage en mer d’importance le 23 janvier 1909 : le SS Republic entre en collision avec un vapeur italien, le SS Florida. L'utilisation de la radio permettra de sauver 1 650 vies et seul 6 personnes mourront dans cette collision. C’est une première mondiale.

Peu de choses ont été dites à propos de l’intervention du Californien, un bateau de passager qui croisait à plus de dix miles du Titanic lors de l’accident avec l’iceberg. Il ne comprendra pas les tirs de fusées de détresse, les confondants certainement avec un joyeux feu d’artifice mais enclenchera tout de même sa radio.

Le Carpathia, situé au sud-est du bateau en perdition répond aux appels de détresse du Titanic, qui coule avant son arrivée. Les canots de sauvetage sont insuffisants et 1500 personnes mourront dans l’eau froide.

La perte du Titanic choque le monde. Conçu pour être insubmersible, capable de rejoindre New York depuis Southampton en Angleterre à grande vitesse, la fierté de la White Star Line avait reçu les honneurs de l’industrie du tourisme.

Le manque d’information disponible en provenance de la Marconi Wireless Compagny ou de la White Star Line à New York génère un nombre important de nouvelles erronées. Tandis que les communications continuent entre le Carpathia et la station terrestre Marconi, ces signaux sont captés par tous les récepteurs raccordés à la fréquence d’émission, c’est à dire des bateaux, des stations terrestres et autres radioamateurs.

La confusion règne : les messages entendus sont relayés au public par le biais des journaux. Aucune source d’information fiable n’est disponible et, alors que le soleil disparaît à l’horizon, le New York Evening Sun titre :

“All saved from Titanic after collision with Iceberg”

Le jour suivant : Le Carpathia arrive à terre et la cruelle vérité est mise au grand jour, on réalise l’énormité de la tragédie. La réaction des fonctionnaires de la White Star Line en direction des rédacteurs du « New York Evening Sun » est la suivante :

“Whoever sent this message under the circumstances, is guilty of the most reprehensible conduct”

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Author: scotlandyard

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